La viande 
et ses substituts

Administrateur de l’UFC-Que Choisir de la Vienne, Frédéric Siuda vous parle cette semaine de la guerre réglementaire qui se déroule actuellement dans l’agroalimentaire.

Le7.info

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Rien ne va plus entre les acteurs de la filière animale et les industriels des aliments simili-carnés. Lobby contre lobby. Sous la pression des premiers, un décret de février 2024 interdit aux seconds d’utiliser des termes comme 
« jambon », « steak », « lardon »… au motif que ces termes pourraient créer la confusion chez les consommateurs.

Mais fin avril, a eu lieu un rebondissement : les industriels du végétal, à leur tête HappyVore, le principal producteur français de cette industrie, saisissent le Conseil d’Etat pour suspendre ce décret qu’ils considèrent comme illégal, dans la mesure où seuls les produits français sont concernés, laissant les produits étrangers libres de conserver les appellations interdites.

Au-delà de ce conflit, les consommateurs peuvent se poser des questions sur ce marché des substituts végétaux devenu porteur. En effet, s’y engouffrent tous ceux qui, sensibles au bien-être animal, pensent en outre réduire l’impact de l’élevage intensif face à l’urgence climatique. L’image est bien verte, quitte à frôler parfois le greenwashing, d’autant que « végétal » ne veut pas dire nécessairement « naturel ». Il est indéniable que certains de ces produits sont ultra transformés, avec une longue liste d’ingrédients, additifs, colorants, conservateurs. Savoir déchiffrer ces listes et faire confiance au Nutriscore lorsqu’il est présent sont des options utiles. Mais nous savons que nous consommons trop de viande, alors, « manger moins mais mieux » reste aussi un choix raisonnable. 


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