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Enquête


Face à face :

Pier Porcheron, le clown blanc

Pier Porcheron, 37 ans. Comédien, metteur en scène et fondateur de la compagnie « Elvis Alatac ». Doux rêveur et travailleur acharné, ce trublion a conservé son âme d’enfant.

Gamin, Pier Porcheron rêvait de devenir clown. D’une certaine manière, le comédien poitevin y est parvenu. « Je voudrais bien être un Auguste… En réalité, je suis plutôt le clown blanc. Je crois être au bon endroit au bon moment et, finalement, je suis toujours à côté de la plaque », lâche t-il dans un grand éclat de rire. A bientôt 37 ans, le fondateur de la compagnie « Elvis Alatac » conserve des airs de grand adolescent. Cheveux en bataille et attitude un brin nonchalante, il raconte son histoire le sourire aux lèvres.

Sur son enfance aux Couronneries, les anecdotes ne manquent pas. Le bonheur de grandir dans la « Zup », les jeux avec les copains du quartier, la joie de les retrouver à l’école… Tout y passe ! De jolis moments brutalement interrompus par un déménagement à Montmidi, à quelques kilomètres de là. Et pourtant si loin. « Je me souviens avoir beaucoup pleuré pour ne pas quitter notre maison. Je devais avoir 7 ans, l’âge de raison. »

Peut-être que le petit Pier refusait de grandir, de mettre un terme au « temps du bonheur »… Qui sait ? Reste que cet épisode a marqué « la fin de l’insouciance ». « Je pense que c’est à peu près à cette période que je me suis rendu compte qu’on vit toujours tout seul. De la naissance à la mort, nous sommes seuls au milieu des autres. »

Ce constat trahit une pointe de nostalgie, mais certainement pas de la tristesse. Bien au contraire ! Pier est résolument heureux. Il cultive les petits instants de bonheur : répéter ses spectacles, passer de longues heures à la médiathèque de Poitiers pour consulter des livres d’art ou, tout simplement, « faire l’amour ».

« Devenir Renaud »

Avant de brûler les planches, le comédien a imaginé plusieurs plans de carrière. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, Clown n’était pas la piste la plus « chaude ». « Je voulais aussi devenir Renaud, j’hésitais beaucoup, lâche le metteur en scène. J’aimais bien Dorothée et Boby Lapointe, mais Renaud me fascinait. Attendez, il faisait quand même de supers jeux de mots ! » 

A 11 ans, grand chambardement ! La classe de CM2 de Pier doit recréer une scène du film « Mon oncle », de Jacques Tati. Une véritable révélation pour le jeune garçon.  « J’ai découvert la direction d’acteurs et cela m’a tout de suite beaucoup plu. Jusqu’à la fac, je n’avais qu’un objectif : devenir réalisateur. » Aujourd’hui, il ne regrette absolument pas d’avoir abandonné la caméra pour un costume de scène. « Lorsque j’ai commencé le théâtre en licence de spectacle, je me suis dit que ce serait un bon début. Finalement, j’ai bien aimé jouer, faire un peu le clown… Comme quoi, la première idée est toujours la bonne ! »

Un sacerdoce

Son premier spectacle « Il y a quelque chose de pourri, variation hamlétique » a été applaudi par des milliers de spectateurs, partout en France, et même ailleurs. Créée en 2013, alors que Pier sortait du Conservatoire, cette pièce évoque « la vie de quelqu'un qui aurait voulu être un grand acteur, mais qui ne l'est pas »… « On met toujours une part de soi-même dans ses spectacles, on poétise des problématiques qui nous sont propres », souffle l’artiste, qui rêvait de jouer Hamlet. Deux cent cinquante représentations plus tard, l’acteur mesure enfin à sa juste valeur son succès. « Je me suis longtemps dit que j’avais de la chance. Mais peut-être pas uniquement avec du recul. »

Sa passion est aussi un sacerdoce. Pier se donne corps et âme pour sa compagnie. Quitte à en oublier sa vie privée ? « C’est aussi mon travail !, réfute-t-il. Je ne fais pas la différence. » Il a bien pensé à faire des enfants… « Mais lorsqu’on caresse un rêve et qu’il se réalise, on perd quelque chose, non ? » Et puis, le divorce de ses parents, lorsqu’il n’avait que 12 ans, a sans doute beaucoup pesé dans la balance. « On n’est pas à l’abri de reproduire les mêmes schémas », affirme-t-il.

Pour le moment, Pier se concentre donc sur « Elvis Alatac », son premier « bébé » en quelque sorte. La compagnie porte « une attention particulière « au raté, au truc pas droit », à la tragédie personnelle d'un être dont les rêves ne peuvent pas être complètement atteints ». « Une partie de ses aspirations se réalise, mais pas entièrement, pas comme prévu. » Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé  serait purement fortuite !

 

 

 

Florie Doublet le 16/02/18

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