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  • Jusqu’au 22 décembre, « Smartland », à la Maison de l’Architecture.
  • usqu’au 10 novembre, « Rabelais, si tu revenais ? », au musée Sainte-Croix, à Poitiers.
  • Jusqu'au 27 octobre, exposition et démonstrations d'Andrée Bienfait, Gisèle Hurtaud, Lyse Lheritier, Johann Mouclier, à la galerie Rivaud.

Enquête


Face à face :

Réalisateur de sa vie

Pascal Pérennès. 51 ans. Monsieur cinéma à la Région Nouvelle-Aquitaine (*). Ex-comédien et réalisateur. Personnalité attachante aux amitiés éclectiques. Et aussi père (comblé) de trois enfants.

A ce moment-là, il sait que c’est gagné. Que Jean-Pierre Jeunet posera ses valises dans l’ancien camp militaire désaffecté de Montmorillon, pour y tourner « Un long dimanche de fiançailles » (2003). Sur le quai de la gare de Poitiers, le réalisateur lâche à ses proches : « Avec un mec comme ça, on ne va pas être emmerdé. » Ce type, c’est… le sergent-chef Guerbadot, Quinze ans après, Pascal Pérennès n’a oublié ni le nom de son « bienfaiteur », ni les circonstances dans lesquelles il a ramené le long-métrage le plus cher de l’histoire du cinéma français -à l’époque- en Poitou.  

« L’intelligence, c’est l’humilité devant les faits », se plaît à répéter le Monsieur cinéma de l’ex-Poitou-Charentes, aujourd’hui chargé de l’animation et de la fiction télé pour la Nouvelle-Aquitaine. « Quand on me demande un décor, je ne cherche pas le décor, je cherche la personne qui va me permettre de le trouver », développe-t-il. Au carrefour du monde politique et de l’univers artistique, il se sent à son aise. Près de vingt ans que ça dure, en Limousin, puis en Poitou-Charentes et dans la grande région. Comme s’il avait su très tôt réconcilier hémisphères gauche et droit du cerveau. Exigences financières et désirs créatifs. Avec ses faux-airs de Dominique Besnehard, ce fils d’un père breton et d’une mère espagnole parle plusieurs langues. Notamment le langage du (coup de) cœur. Son maître à penser s’appelle Paul Valéry. Son moteur, la culture. 

« Je me mens Européen, mondial »

« Elle est aussi rare et fragile à l'homme contemporain que l'était le feu à l'homme des cavernes. » Voilà ce qu’il écrivait au sortir des attentats de janvier 2015. La catharsis a opéré, mais l’indignation est restée. Pascal Pérennès a parfois du mal à comprendre le monde dans lequel il vit, lui qui cultive toutes les formes d’expression (poésie, théâtre…) et a définitivement aboli les frontières du rejet de l’autre. « Vous avez vu Loving, de Jeff Nichols ? Ça me rappelle tout à fait la situation de mes parents, cette sorte de conflit nord-sud, ces différences qu’on remarque. En Seine-Saint-Denis, ma mère très typée se faisait traiter de sale Arabe ! » Son enfance à Paimpol ? Son adolescence en région parisienne ? Ses origines, quoi ! Il balaie d’un revers de main un quelconque enracinement. « Je me sens avant tout Européen, mondial en fait. » Sans doute le fruit de sa filiation et de son éducation.

Avant de jouer « les arbitres », ce « vrai rat de cinémathèque » a fait l’acteur. On l’aperçoit d’ailleurs dans le film d’Henri Verneuil, 588, rue Paris. Il a même écrit et réalisé un moyen métrage, sorti en 1995. Son nom : Oui, comme Observe, utilise, imagine. Entre autres acteurs, Jean-Paul Roussillon, Isabel Otero, Cécile Sanz de Alba ou une certaine Michèle Laroque. A sa sortie, le premier volet de la trilogie « Oui, non, peut-être » -les deux autres restent à tourner !- a eu les honneurs de la critique. Et son réalisateur y a gagné une résidence d’artiste à Décines, près de Lyon. Le début de sa connexion avec la chose publique. 

Quand il regarde dans le rétro, Pascal Pérennès ne regrette rien. « De la nostalgie ? Non, une femme formidable et trois merveilleux enfants », répond-il en guise de pirouette. Parce qu’une vie repose sur une forme d’équilibre, l’enfant de Paimpol glisse volontiers Armelle, Paula (16 ans), Carlo (13 ans) et William (9 ans) dans la conversation. Ils sont sa source de relativisme. « Dans ce métier, il y a plein de gens qui vous aiment parce que vous distribuez des sous. Mon rôle de père de famille nombreuse me permet de prendre de la distance. » De la distance avec le petit milieu du ciné et la mare aux crocodiles de la politique. Des anecdotes, il pourrait en égrener des dizaines. Mais à quoi bon se répandre dans la presse ? « Les hommes se distinguent parce qu’ils montrent et se ressemblent parce qu’ils cachent. » La citation est de Paul Valéry, son « maître à penser » autant que son inspirateur. 

(*) Directeur de la Régie Cinéma pour la Région Nouvelle-Aquitaine. 

Arnault Varanne le 23/05/17

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