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Bloc-notes

  • Du 27 mars au 14 avril, exposition d'art sur le thème des Droits Humains, organisé par Amnesty International, à La Blaiserie de Poitiers.
  • Jusqu’au 31 mars, « Barnum City », à la Maison de l’Architecture de Poitiers.
  • Vendredi 31 mars, à 20h30, « Goupile et Coyotte », à la maison des Trois Quartiers.
  • Jeudi 30 mars, à 20h45, « Lean Left », à Carré Bleu, dans le cadre du festival Jazz à Poitiers.
  • • Du 23 au 30 mars, « naturELLES », sculptures dessins et peintures, à la salle capitulaire de Saint-Benoît.
  • • Jusqu’au 24 mars, « As we are blind », à Canopé, 6, rue Sainte-Catherine, à Poitiers.
  • • Du 22 mars au 29 avril, « Les Trésors minuscules », à la médiathèque François-Mitterrand.


Enquête


FACE À FACE :

L’exilé

Jean-François Pissard. 60 ans. Ex-banquier, écrivain et éditeur poitevin, aujourd’hui exilé sur les bords du Lac Léman. Vient de commettre un nouvel ouvrage sur l’adjudant Maurice Mansaud. Son oncle fut un héros de l’armée.
A l’autre bout du fil, sa voix respire le bonheur d’un exil bienfaiteur. Pendant une paire d’années, Jean-François Pissard fut avant tout connu pour être la bête noire des banquiers de la place de Poitiers. Le voilà aujourd’hui « réfugié » à deux jets de pierre du Lac Léman, côté français. De son balcon, il a presque une vue imprenable sur le paradis fiscal le plus feutré de la planète. Ne comptez pas sur lui pour jouer les « Denis Robert », sur la piste d’on ne sait quel compte HSBC détenu par un milliardaire en mal de « fraîche ». Il est « passé à autre chose ». D’ailleurs, il a même refusé d’accorder un entretien à France 2 sur le sujet… 
 
Son livre « Comment arnaquer son banquier », commis au milieu des années 80 sous le pseudo de Dominique Léonie -le prénom de sa grand-mère-, puis réédité dans une version encore plus croustillante, a pourtant fait un tabac. Il faut dire que ce fils d’ouvriers a chopé le virus de l’écriture assez tôt, sans doute même avant de franchir la porte blindée du milieu bancaire, « grâce à l’un de mes copains qui m’a dit qu’on embauchait ». Nous voilà plongés dans les années 60. Et, l’air de rien, Jean-François Pissard a tenu quinze ans dans le costume du conseiller clientèle puis du directeur d’agence. 
 
« Tout dire, tout inventer »
 
« Après, j’ai senti qu’il était temps que je fasse respirer ce corps sous mon costume ! » Précisions : « Il (le costume n’était pas trop large mais serré… » Et puis, cet as des formules chic et choc estime qu’avec l’écriture « on peut tout dire, tout inventer ». « Bref, c’est la grande liberté ! » L’asservissement au monde éditorial lui a semblé presque évident. Comme un exutoire ! Le Petit Futé l’a beaucoup occupé, -une dizaine d’années!-, notamment parce qu’il a cumulé dans le temps les titres de responsable local, puis d’éditions, à Paris. Jusqu’à ce que l’appel du Poitou l’emporte sur toute autre considération et qu’il crée « Le Pictavien éditeur ». 
 
Mais aujourd’hui, c’est sous un nouveau jour que « JFP » se rappelle au bon souvenir de ses contemporains. D’abord parce qu’il a pris la tangente en 2009 pour « raisons personnelles ». Ensuite parce qu’il a fondé une autre maison d’édition en ligne, intitulée Jerkbook, cinq longues années après son départ. Enfin parce que ladite officine vient de publier son premier ouvrage.  « Adjudant Mansaud, ma vie de prisonnier et de militaire en Allemagne, Indochine, Egypte et Algérie » (*). Loin des « Scores records du corps » ou de « La France coquine », l’auteur explore ici une partie de son histoire familiale. Car l’adjudant en question, miraculé de l’armée française, n’est autre que son oncle. Le plus incroyable, c’est que « JFP » a eu « l’ouvrage brut » entre les mains, il y a trente piges. « Je devais être un jeune con et je l’ai laissé de côté. Aujourd’hui, j’ai vieilli et je corresponds avec beaucoup de militaires. J’éprouve du plaisir dans ces échanges. J’aime bien m’impliquer dans un  sujet et le traiter à fond… »

Alors, certes, il n’a peut-être pas écrit le roman de sa vie, mais tant qu’il « prend son pied » dans la narration et peut «contribuer à mettre les plus jeunes le pied à l’étrier», il ne raccrochera pas. Au passage, son prochain bouquin devrait être plus personnel. Derrière un titre volontiers accrocheur, « Comment calculer le degré de connerie », le barbu irrévérencieux a pondu un « livre sérieux » sur les ressorts de la psychologie humaine. Le fruit d’une longue documentation et d’une psychothérapie de quatre années pour « mieux me connaître ». « J’ai toujours aimé les relations humaines, le rapport à l’autre. C’est un fil rouge… » Visiblement, l’air des montagnes lui sied au teint, comme l’atteste l’un des clichés qu’il nous a adressé, pris au sommet de l’aiguille du Midi. A 3842 mètres, en face du Mont-Blanc (pas le stylo !), Pissard le hussard des banques s’est posé, assagi. Il revient de temps à autre à Poitiers, où vit sa fille. En toute discrétion. L’auteur et éditeur se narre de tout et vous n ‘avez pas fini d’en entendre parler. Le secret bancaire est bel et bien derrière lui ! 
 
(*) Commandes sur le site Internet www.editions-jerkbook.com
Arnault Varanne le 18/03/15

Reportage photo
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