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La Havane aux deux visages

L’étudiante poitevine Aurélie Flégeo passe actuellement une année à l’université de Saint-John au Canada. Elle a profité de son séjour sur le continent américain pour visiter La Havane et découvrir ses antagonismes.

« La Havane, capitale économique et politique de Cuba, est la plus grande ville des Caraïbes. Son centre historique est l’un des six sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial depuis 1982. Lieu de prédilection des touristes, Cuba offre une grande diversité de paysages et d'attraction. La vielle Havane est à elle seule un vaste terrain touristique. Restaurants, boutiques, « Café le Paris »… Les rues y sont propres, les bâtiments rénovés et colorés. Le temps ne semble pas avoir fait d'effet. On se croirait encore à l'époque coloniale espagnole.
Seulement, au détour d'une rue, la réalité cubaine saute aux yeux. Les rues sont en piteux état, les habitations tombent en ruines et des poutres en bois tentent vainement de les maintenir debout. Sur la plupart des balcons, des draps étendus virevoltent au souffle du vent, laissant entrevoir les peintures qui s'effritent, ou les câbles électriques qui s'entremêlent. Les Cubains passent le temps en traînant dans les rues, d'autres observent les passants depuis leur balcon, les enfants, quant à eux, jouent au baseball, le sport favori.


Deux mondes distincts
Il est « amusant » de voir la plupart des touristes qui, s’engageant dans une rue, rebroussent immédiatement chemin pour rester à tourner en rond dans les rues touristiques. Les Cubains les surnomment d'un nom d'animal, car ils ne visent pas plus loin que ce qu'on veut leur montrer. Ils ne recherchent pas le vrai Cuba. Il suffit de regarder défiler les bus à la Plaza de la Revolución. Les gens descendent, prennent leur cliché, et remontent dans le bus pour filer.
Les Cubains ne sont logiquement pas autorisés à discuter avec les étrangers. S’ils sont surpris, un policier va venir les contrôler. Particulièrement à La Havane. La calle Obispo, rue touristique par excellence, grouille de caméras pour surveiller ce point de convergence entre Cubains et touristes. Ces contrôles répétitifs sont, entre autres, les restes de la répression contre la prostitution. Non pas que cette pratique soit illégale mais, dans les années 80, les prostituées et leurs « Chulos » (souteneur) ont commencé à avoir un pouvoir économique trop important. Une chose inacceptable pour Fidel Castro, qui adopta de nouvelles lois dans les années 90 pour criminaliser les aides aux réseaux. On rappellera juste que c’est son gouvernement qui, au départ, développa ce tourisme, en vantant les beautés des femmes cubaines et en offrant des affiches de nus.
Au final, cette interdiction de communiquer avec les touristes n'est pas réellement respectée. Alors, le gouvernement oblige les Cubains à aborder des sujets précis lors des discussions. En quelques mots, à Cuba, la vie est belle, simple et tranquille. Convaincu ?
»

Romain Mudrak le 04/04/11
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